Que mettre dans son MANEX drone ? Mode d'emploi et trame (2026)
Le MANEX, manuel d'exploitation, décrit comment votre organisation fait voler ses drones en sécurité. Tout exploitant en catégorie Spécifique doit en tenir un. La DGAC recommande la trame de l'AESA : voici ce que l'on écrit dans chaque partie, les erreurs qui le rendent inutile et la façon de le tenir à jour.
À quoi sert vraiment un MANEX
Officiellement : décrire votre organisation et vos procédures d'exploitation, en cohérence avec les exigences de vos scénarios. La DGAC le résume ainsi : le MANEX décrit les modalités de mise en œuvre de vos obligations réglementaires. En pratique, un bon MANEX répond à trois besoins très concrets :
- Standardiser — deux pilotes de votre équipe préparent et exécutent un vol de la même façon ;
- Prouver — au contrôle, il matérialise que votre exploitation est pensée, pas improvisée ;
- Réagir — perte de liaison, intrusion d'un tiers, atterrissage d'urgence : les procédures d'urgence se décident à froid, pas à 80 mètres de hauteur.
Qui doit avoir un MANEX ?
Tout exploitant opérant en catégorie Spécifique — scénarios standard STS-01/STS-02 (la déclaration d'exploitation s'appuie dessus) comme autorisations spécifiques (SORA/PDRA). En catégorie Ouverte pure, il n'est pas exigé — mais dès que votre activité se professionnalise (équipe, clients industriels, appels d'offres), un manuel de procédures devient de facto un standard du métier : beaucoup de donneurs d'ordre le demandent au dossier.
Pour une déclaration STS, le MANEX n'est pas joint à la déclaration : il peut être demandé lors d'un contrôle. Pour une autorisation d'exploitation, l'AESA prévoit qu'il soit soumis à l'autorité compétente à partir du niveau SAIL III.
Que mettre dans son MANEX : la trame partie par partie
Le contenu d'un MANEX est fixé par l'appendice 5 de l'annexe du règlement (UE) 2019/947, et la DGAC renvoie à la trame que l'AESA publie en AMC1 UAS.SPEC.030(3)(e) : la structure recommandée du chapitre A.3 de l'annexe A de l'AMC1 à l'article 11. Cette trame n'existe qu'en anglais ; la DGAC en recommande l'usage, à condition de l'adapter, c'est-à-dire de la compléter ou de l'amender pour refléter votre exploitation.
Avant la première partie viennent les pièces liminaires : page de garde, contrôle documentaire (le journal des révisions), autres documents applicables, objet et domaine d'application, table des matières, définitions et abréviations. Viennent ensuite huit parties :
| Partie | Ce qu'on y écrit | L'erreur fréquente |
|---|---|---|
| Partie A — Généralités | Engagement signé de la direction, sûreté et protection des données, environnement et nuisances, organigramme et responsabilités, gestion du changement, durées de conservation, gestion documentaire, qualifications du personnel, aptitude de l'équipage | Un organigramme qui ne nomme personne : chaque rôle doit avoir un titulaire et un suppléant. |
| Partie B — Procédures | Coordination de l'équipage, préparation du vol et zones géographiques, services et systèmes externes, météo avant et pendant le vol, évitement des autres aéronefs, comptes rendus d'événements, puis procédures normales, d'intervention et d'urgence de chaque aéronef | Recopier le manuel constructeur au lieu d'écrire ce que fait votre équipage, dans votre ordre. |
| Partie C — Zones de vol | Limitations générales (vent, température, précipitations), puis pour chaque zone : description, volume de contingence et zone tampon de risque sol, procédures particulières, informations locales du plan d'urgence | Une zone tampon affirmée sans le calcul qui la justifie. |
| Partie D — Formation | Formation initiale, maintien des compétences, manière de les vérifier et de les tracer, au-delà du minimum fixé par le règlement | Lister les brevets sans dire comment la compétence est entretenue. |
| Partie E — Plan d’intervention d’urgence (ERP) | Objet du plan, élaboration, formulaire rempli avant chaque opération, briefing de l'équipage, comptes rendus après une urgence | Un plan générique sans numéros ni rôles : il doit pouvoir être suivi sous stress. |
| Partie T — Partie technique de l’UAS | Une fiche par aéronef : description, liaison C3, parachute le cas échéant, confinement, interface homme-machine, charge utile, protection du domaine de vol | Des fiches pour des aéronefs vendus, ou un aéronef utilisé qui n'a pas de fiche. |
| Partie M — Maintenance | Politique de maintenance, personnes habilitées, mises à jour logicielles, programme de maintenance de chaque aéronef | Des mises à jour de micrologiciel appliquées sans vérification ni trace. |
| Annexes | Justificatifs, formulaires (listes des télépilotes et personnels habilités, carnet de vol, carnet technique), listes de vérification, manuels | Une liste des télépilotes autorisés absente ou périmée. |
Pour un exploitant en scénario standard, la DGAC précise ce que ces procédures doivent couvrir au minimum :
- les procédures opérationnelles qui garantissent la sécurité des vols ;
- le respect des exigences de sécurité propres à la zone d'exploitation ;
- la protection contre les interventions illicites et l'accès non autorisé ;
- le respect du règlement (UE) 2016/679 sur les données personnelles, avec une analyse d'impact lorsque l'autorité de protection des données l'exige ;
- des lignes directrices aux télépilotes pour réduire au minimum les nuisances, sonores et autres, pour les personnes et les animaux ;
- l'identification, le compte rendu et l'analyse des événements de sécurité, incidents et accidents.
Le MANEX tient aussi la liste à jour des télépilotes autorisés, avec les aéronefs qu'ils peuvent piloter et les activités qu'ils peuvent réaliser, ainsi que la liste des autres personnes formées nécessaires à la sécurité.
Un MANEX tenu à jour dans Dronops
Dans Dronops, le MANEX se rédige à partir de ce que l'application connaît déjà de votre exploitation : votre identité, vos scénarios déclarés, votre flotte, vos télépilotes et votre assurance. Vous réécrivez les passages qui doivent dire vos propres procédures, l'application relève les incohérences entre ces données, comme un aéronef mal couvert par l'assurance ou un certificat de télépilote expiré, puis vous signez la version.
Chaque version signée est figée et reste téléchargeable, en Word et en PDF, depuis le journal des révisions. Quand votre activité change après la signature, un aéronef ou un télépilote qui arrive ou qui part, un scénario déclaré ou abandonné, une assurance remplacée, Dronops vous dit ce que la version en vigueur ne décrit plus, pour que vous la révisiez.
Les 4 erreurs qui le rendent inutile (ou dangereux)
- Le modèle copié-collé — un MANEX générique qui décrit des drones que vous n'avez pas et des procédures que vous n'appliquez pas. Pire que pas de MANEX : c'est un écart documenté.
- Le document mort — rédigé une fois en 2023, jamais révisé : flotte changée, équipe renouvelée, réglementation passée à l'EASA… le décalage s'accumule.
- Pas de gestion de versions — qui a modifié quoi, quand, et quelle version fait foi ? Sans journal des révisions ni signature, impossible à établir.
- L'équipe ne l'a jamais lu — un MANEX que les pilotes découvrent au contrôle ne protège personne. La DGAC demande que le MANEX soit connu et strictement appliqué par le personnel concerné.
Mise à jour et archivage
Le guide de la DGAC pour la catégorie Spécifique fixe deux obligations :
- Mise à jour — le MANEX est amendé pour tenir compte des évolutions de la réglementation et de toute modification de l'activité qui a une incidence sur lui : nouvel aéronef, nouveau scénario, nouvelle zone, changement d'organisation.
- Archivage — l'exploitant archive le MANEX et tous ses amendements, et les tient à la disposition des autorités en cas de contrôle.
Gardez donc chaque version remplacée, pas seulement la dernière : en cas d'événement, c'est la version en vigueur le jour du vol qui compte. La DGAC demande par ailleurs de conserver trois ans la trace des formations, des opérations de maintenance, des vols, des incidents et des comptes rendus d'événements.
Le tenir à jour sans y passer ses week-ends
La méthode qui marche tient en quatre habitudes :
- Une revue à date fixe (semestrielle suffit pour la plupart des exploitants) inscrite au calendrier ;
- Une mise à jour par événement : nouveau drone, nouveau scénario, évolution réglementaire, incident → la section concernée est révisée dans la semaine ;
- Un versioning systématique : numéro de version, date, auteur, journal des modifications, signature du responsable ;
- Une diffusion tracée : chaque pilote accuse réception de la version courante.
Questions fréquentes
Le MANEX est-il obligatoire ?
Existe-t-il un modèle officiel de MANEX ?
Un modèle téléchargé suffit-il ?
Faut-il envoyer son MANEX à la DGAC ?
À quelle fréquence le mettre à jour ?
- Règlement d'exécution (UE) 2019/947
- AESA — Easy Access Rules for Unmanned Aircraft Systems (règlement et AMC/GM associés, dont AMC1 UAS.SPEC.030(3)(e) et l'appendice 5), en anglais
- DGAC — Exploitation de drones en catégorie Spécifique
- Guide DSAC « Catégorie spécifique », édition 2, version 1.1 (9 mars 2026), § 16.2 et § 16.3 (manuel d'exploitation)
Contenu informatif — ne se substitue pas aux textes officiels en vigueur (DGAC, EASA, AlphaTango). Vérifiez toujours la réglementation applicable à votre exploitation.
Ce que Dronops fait pour vous
Dronops tient votre MANEX : édition, signature, archivage de la version signée. La création de compte ouvrira avec la première version publique.
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