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Carte drone : où voler ? De Géoportail à cartes.gouv.fr, lire les zones avant le vol

Carte aéronautique, compas et tablette affichant une carte des zones colorées, préparés sur une table avant le vol

Mis à jour le 1er novembre 2026

Avant chaque vol, une question précède toutes les autres : ai-je le droit de voler ici, aujourd'hui, et jusqu'à quelle hauteur ? Y répondre correctement oblige à croiser plusieurs sources, dont aucune n'est complète à elle seule. C'est l'une des premières causes d'infraction involontaire chez les télépilotes, y compris les plus expérimentés. Pour choisir l'outil (cartes.gouv.fr, ancien Géoportail, applications), voyez notre guide Quelle carte drone utiliser en France en 2026 ? ; cet article explique comment lire la carte des restrictions : couleurs, hauteurs maximales et vérifications complémentaires.

À retenir (octobre 2026)

  • La carte officielle des restrictions drones est désormais sur cartes.gouv.fr. Le Géoportail a fermé fin septembre 2026 et ses liens redirigent, à ce jour, vers cartes.gouv.fr.
  • Elle est simplifiée : il faut toujours vérifier aussi les NOTAM (sur SOFIA-Briefing), les ZICAD et les arrêtés locaux.
  • En catégorie ouverte en France : 120 m maximum et pas de vol de nuit sauf dérogation. Au-dessus de l'espace public en agglomération, le loisir reste interdit et le professionnel doit déclarer son vol au préfet.

La carte officielle des restrictions UAS

La carte de référence pour la catégorie ouverte et l'aéromodélisme s'appelle « Restrictions UAS catégorie Ouverte et Aéromodélisme ». La DGAC l'a réalisée avec l'IGN. Elle est gratuite et se consulte sans compte.

Le Géoportail a fermé. Depuis le 30 septembre 2026, le Géoportail a cédé la place à cartes.gouv.fr, ouvert au grand public depuis juin 2026. L'ancienne adresse de la carte redirige pour l'instant automatiquement vers cartes.gouv.fr, où la couche apparaît sous l'identifiant TRANSPORTS.DRONES.RESTRICTIONS. Si un ancien favori ou une capture d'écran vous renvoie vers le Géoportail, utilisez directement la nouvelle adresse : la redirection n'est pas garantie dans la durée.

Comment afficher la carte drone sur cartes.gouv.fr

  1. Ouvrez cartes.gouv.fr, rubrique « Explorer les cartes ».
  2. Recherchez la couche « Restrictions UAS » et activez-la, de préférence sur fond photographique.
  3. Saisissez l'adresse ou zoomez sur votre lieu de vol.
  4. Cliquez sur la zone pour lire la hauteur maximale applicable.

Comment lire la légende

  • Sans couleur : vol possible jusqu'à 120 m, sous réserve des autres règles.
  • Rouge : vol interdit sauf autorisation particulière. Les agglomérations y apparaissent notamment.
  • Orangés : vol limité à une hauteur maximale (30, 50, 60 ou 100 m). Ces plafonds se rencontrent surtout autour des aérodromes, selon leur type et la distance.

Notre guide Quelle carte drone utiliser en France en 2026 ? compare les cartes disponibles et leur usage selon le type de vol.

Ce que la carte ne montre pas

La DGAC la présente comme une représentation simplifiée, à utiliser en complément d'une bonne connaissance de la réglementation et non à sa place. Elle n'affiche pas :

  • les restrictions temporaires (NOTAM, zones réglementées temporaires lors de manifestations, déplacements officiels, exercices) ;
  • les hélistations privées ;
  • les interdictions temporaires de survol d'espaces naturels pendant la nidification ;
  • les arrêtés préfectoraux ou municipaux.

Un lieu « libre » sur la carte peut donc être interdit le jour de votre vol. La carte est un point de départ, jamais une autorisation.

Les autres sources à croiser

Les NOTAM

Ces avis signalent les restrictions temporaires. Le Service de l'information aéronautique (SIA) les publie, et on les consulte gratuitement sur SOFIA-Briefing, l'outil officiel ouvert aussi aux télépilotes. C'est la source qui manque presque toujours dans les préparations improvisées.

L'AIP France et la carte OACI

La publication d'information aéronautique décrit :

  • les zones P (interdites), D (dangereuses) et R (réglementées) ;
  • les CTR (zones de contrôle d'aérodrome) et les TMA (régions de contrôle terminales) ;
  • les zones d'entraînement militaire basse hauteur (ENR 5.3.1.3.1).

La carte OACI au 1/500 000 reste l'outil de fond pour comprendre la structure verticale de l'espace aérien, en particulier en catégorie spécifique. Pour la catégorie ouverte, la DGAC juge sa couche drone plus précise. Notre guide Espace aérien : zones drone détaille ces zones une par une.

Le ministère des Armées

Dans une zone d'entraînement militaire basse hauteur, pendant ses horaires d'activité (du lundi au vendredi), tout vol d'un drone de 900 g ou plus et tout vol hors vue se notifient au ministère des Armées sur AlphaTango : pour un vol débutant entre 8 h le jour J et 8 h le lendemain, entre J-2 à 4 h et J à 4 h. Voir notre guide Notification au ministère des Armées.

La préfecture

Elle délivre les dérogations (vol de nuit, lieux autorisés en agglomération) et reçoit les déclarations de vol en zone peuplée. Les démarches passent le plus souvent par AlphaTango : voir notre article AlphaTango : inscription, numéro d'exploitant et gestion de compte.

Les restrictions permanentes à connaître

Certaines interdictions ne dépendent pas de votre qualification.

Les abords d'aérodromes, d'hélistations et de plateformes ULM. Les plafonds dépendent du type d'aérodrome et de la distance, sur plusieurs kilomètres. Décoller dans l'enceinte d'un aérodrome demande l'accord du contrôle, du service d'information de vol ou de l'exploitant de l'aérodrome.

Les sites sensibles fixés par voie réglementaire : installations nucléaires, établissements pénitentiaires, emprises militaires, etc.

Les ZICAD, zones interdites à la captation et au traitement de données depuis un aéronef :

  • elles remplacent les anciennes ZIPVA ;
  • leur liste en vigueur est fixée par l'arrêté du 17 novembre 2025 (JORF du 19 novembre 2025), qui a abrogé celui du 26 juin 2024 ;
  • elles visent la prise de vue, mais plus largement toute captation de données par capteur ;
  • la liste est publiée en données ouvertes sur data.gouv.fr, et une dérogation se demande en ligne ;
  • l'ancienne obligation de déclarer les prises de vue aériennes a été abrogée.

Sanctions. Le code des transports (art. L6232-12) punit le survol d'une zone interdite :

  • de 6 mois d'emprisonnement et 15 000 € d'amende en cas de négligence ;
  • d'1 an et 45 000 € si le survol est volontaire, avec confiscation possible du drone (art. L6232-13).

Hauteur, vue directe, agglomération, nuit : les règles françaises

Ces règles de la catégorie ouverte s'appliquent quelle que soit la carte.

  • Hauteur : 120 m maximum au-dessus du sol. Les plafonds sont souvent plus bas près des aérodromes et de certaines zones.
  • Vue directe (VLOS) : le drone doit rester visible à l'œil nu. Le vol en immersion (FPV) suppose un observateur qui garde le drone en vue.
  • Nuit : le vol de nuit est interdit en catégorie ouverte. Une dérogation peut être demandée au préfet ; prévoyez au moins 30 jours (c'est le délai indiqué par la DGAC en catégorie spécifique).

Agglomération : ce qui a changé en 2026

  • En loisir, le vol au-dessus de l'espace public en agglomération reste interdit, sauf lieux autorisés par le préfet. Une zone située à moins de 50 m d'une agglomération reportée sur les cartes aéronautiques est elle aussi considérée comme zone peuplée.
  • En professionnel, il est possible en catégorie ouverte depuis le 1er janvier 2026, après déclaration au préfet au moins 10 jours ouvrables avant le vol (Cerfa 15476*04 ou AlphaTango). À Paris, la zone P 23 interdit tout vol sans dérogation. Les bois de Boulogne et de Vincennes, hors P 23, restent dans la CTR et dans la zone réglementée LF-R 275 (sol-2 000 ft, H24) : un drone n'y vole qu'avec l'accord d'un des services de contrôle d'approche (Roissy-CDG, Orly, Le Bourget ou Villacoublay). La déclaration au préfet ne remplace pas cet accord. Pour les bois, la demande passe par la démarche de la préfecture de police : https://demarche.numerique.gouv.fr/commencer/survol-drone-paris
  • Voler dans son jardin est possible, même en agglomération, en respectant les distances de sa sous-catégorie et une hauteur qui garantit que le drone ne sorte pas de la propriété.

Le détail de la déclaration est dans notre article Drone en ville : règles, déclaration et Cerfa 15476. Pour la question des voisins, voyez Survol de propriété privée en drone : ce que dit la loi.

Une méthode simple de vérification avant vol

  1. Délimiter l'enveloppe réelle du vol : pas seulement le point de décollage, mais toute la zone que le drone couvrira.
  2. Consulter la carte des restrictions UAS sur cartes.gouv.fr et relever la hauteur maximale.
  3. Vérifier les NOTAM du jour sur SOFIA-Briefing.
  4. Vérifier l'espace aérien environnant (AIP, carte OACI, zones militaires) si un aérodrome ou une zone d'entraînement est proche.
  5. Vérifier les ZICAD, les sites sensibles et les arrêtés locaux, ainsi que la règle agglomération et espace public.
  6. Conserver une trace de ces vérifications : en cas de contrôle ou de litige, c'est ce qui prouve une préparation sérieuse.

Cette séquence prend une quinzaine de minutes quand on la connaît. Le problème n'est pas sa difficulté, c'est sa répétition : sur vingt missions par mois, elle finit par être bâclée. Notre guide Comment préparer une mission drone professionnelle la replace dans la préparation complète.

Voir la contrainte plutôt que la reconstituer

Le fond du problème : les informations utiles sont éclatées entre une carte grand public, une base d'avis temporaires, une publication aéronautique et des arrêtés locaux. Chacune est lisible. C'est leur assemblage, refait à la main avant chaque vol, qui coûte du temps et crée des angles morts.

Dronops affiche directement sur le lieu de vol la carte des zones, la hauteur maximale autorisée à cet endroit et une coupe verticale du site. Vous visualisez la contrainte au lieu de la reconstituer. En traçant la zone d'une mission, vous obtenez les démarches applicables et la checklist de conformité. Le tout reste attaché à la mission, donc traçable après coup.

Questions fréquentes

Où voir les zones interdites aux drones ?

Sur cartes.gouv.fr, couche « Restrictions UAS catégorie Ouverte et Aéromodélisme », qui remplace le Géoportail. Le rouge signale une interdiction, les orangés une hauteur maximale. Vérifiez aussi les NOTAM et les ZICAD.

La carte Géoportail drone ne fonctionne plus, pourquoi ?

Le Géoportail a fermé fin septembre 2026. À ce jour, ses liens redirigent vers cartes.gouv.fr, où la même couche de restrictions drones est disponible.

Peut-on voler de nuit avec un drone ?

Pas en catégorie ouverte, sauf dérogation préfectorale (prévoyez au moins 30 jours, délai indiqué par la DGAC en catégorie spécifique), ou cas particuliers prévus par la réglementation.

Quelle est la hauteur maximale de vol d'un drone ?

120 m au-dessus du sol en catégorie ouverte. Elle peut descendre à 100, 60, 50 ou 30 m, voire à une interdiction, selon la zone indiquée sur la carte.

Qu'est-ce qu'une ZICAD ?

Une zone interdite à la captation et au traitement de données depuis un aéronef. Elle a remplacé les ZIPVA. La liste en vigueur est fixée par l'arrêté du 17 novembre 2025 et publiée sur data.gouv.fr.

Que risque-t-on à survoler une zone interdite ?

Jusqu'à 6 mois d'emprisonnement et 15 000 € d'amende par négligence, jusqu'à 1 an et 45 000 € si le survol est volontaire (art. L6232-12 du code des transports), avec confiscation possible du drone (art. L6232-13).