Mis à jour le 1er novembre 2026
Dès qu'une mission sort du cadre de la catégorie ouverte, l'exploitant entre en catégorie spécifique. Trois voies y mènent :
- la déclaration selon un scénario standard européen (STS-01, STS-02) ;
- l'autorisation de la DSAC, sur analyse de risque prédéfinie (PDRA) ou complète (SORA) ;
- le certificat allégé d'exploitant (LUC).
Voici comment les distinguer, qui instruit, et dans quels délais. Pour comparer les cadres point par point, voyez aussi notre guide Catégorie Spécifique : STS-01, STS-02, PDRA ou SORA, quel cadre choisir ?.
Les trois voies en un coup d'œil (octobre 2026)
| Voie | Démarche | Où | Appareil | Délai |
|---|---|---|---|---|
| STS-01 / STS-02 | Déclaration | AlphaTango | Classe C5 / C6 | Relevé de situation immédiat |
| PDRA | Autorisation | METEOR (DSAC) | Sans marquage de classe imposé | Environ 3 mois recommandés |
| SORA | Autorisation | METEOR (DSAC) | Selon l'analyse | Au cas par cas |
| LUC | Certificat | DSAC | Selon les opérations | Instruction longue |
Quand bascule-t-on en catégorie spécifique ?
Le règlement d'exécution (UE) 2019/947 classe les vols par niveau de risque. Toute exploitation hors des conditions de la catégorie ouverte relève de la catégorie spécifique. Cas typiques :
- vol hors vue (BVLOS) ;
- environnement peuplé avec un appareil hors du cadre A1, A2 ou A3 ;
- appareil de 25 kg ou plus, épandage, essaim ;
- hauteur supérieure à 120 mètres.
C'est l'opération qui décide, pas le statut professionnel. Les appareils éligibles sont détaillés dans notre article Classes de drone C0 à C6 : ce que chacune autorise en 2026. Préalable commun : l'enregistrement de l'exploitant, expliqué dans AlphaTango : inscription, numéro d'exploitant et gestion de compte.
Voie 1 : la déclaration STS-01 ou STS-02
C'est le régime le plus léger : l'exploitant déclare se conformer à un scénario standard européen, puis vole sans autorisation préalable tant qu'il en respecte toutes les conditions.
Depuis le 1er janvier 2026, les exploitants ne peuvent plus voler selon les scénarios nationaux S-1, S-2 et S-3. Seule exception : certaines missions civiles exclues du champ du règlement (UE) 2018/1139, au profit de l'État, pour lesquelles un arrêté du 23 janvier 2026 maintient les scénarios nationaux à titre transitoire. Pour un exploitant ordinaire, seuls les STS européens s'appliquent.
Ce que couvre chaque scénario
- STS-01 : vol en vue directe, à 120 m maximum, au-dessus d'une zone contrôlée au sol pouvant se trouver en environnement peuplé, avec un appareil de classe C5.
- STS-02 : vol hors vue au-dessus d'une zone contrôlée au sol en zone faiblement peuplée, avec un appareil de classe C6. Sans observateur de l'espace aérien, l'appareil vole à 1 km au plus du télépilote, sur une trajectoire préprogrammée dès qu'il quitte sa vue. Avec observateurs, il peut aller jusqu'à 2 km.
Démarche et durée
La déclaration se fait sur AlphaTango, sans pièce jointe : les documents sont tenus à disposition de la DSAC. L'accusé de réception est un relevé de situation, téléchargeable immédiatement. La déclaration est à renouveler selon la durée indiquée par AlphaTango.
Avant de déclarer, il faut trois choses :
- un MANEX couvrant le scénario ;
- un appareil de la bonne classe ;
- des télépilotes qualifiés : CATS (valable 5 ans) et attestation de formation pratique propre au STS.
Le détail des examens figure dans notre article Examen télépilote drone : quel examen passer en 2026 ?.
Voie 2 : l'autorisation sur PDRA
Un PDRA (Pre-Defined Risk Assessment) est une analyse de risque déjà menée par l'EASA pour une opération courante. L'exploitant démontre qu'il en respecte chaque condition. Ce n'est pas une déclaration : l'opération reste soumise à autorisation de la DSAC.
La DSAC publie cinq canevas en français :
- PDRA-S01 : miroir du STS-01, sans appareil marqué C5 ;
- PDRA-S02 : miroir du STS-02, sans appareil marqué C6 ;
- PDRA-G01 : hors vue en zone faiblement peuplée, sous 150 m, espace non contrôlé ;
- PDRA-G02 : hors vue en zone faiblement peuplée, espace aérien réservé ;
- PDRA-G03 : hors vue sur routes préprogrammées, à basse hauteur, pour l'inspection de sites.
Le PDRA est à prendre ou à laisser : au moindre écart avec ses conditions, il faut passer à la SORA. C'est la voie naturelle de ceux qui volent comme en STS-01 avec un drone sans marquage C5, cas fréquent tant que les modèles C5 et C6 restent rares.
Voie 3 : l'autorisation sur analyse SORA
Pour tout le reste, l'exploitant produit sa propre évaluation selon la méthode SORA (Specific Operations Risk Assessment) :
- évaluation du risque sol ;
- évaluation du risque air ;
- détermination du niveau d'exigence, le SAIL, de I à VI ;
- démonstration des objectifs de sécurité correspondants.
Au niveau européen, la décision de l'EASA 2025/018/R du 15 septembre 2025 a intégré la SORA 2.5 aux moyens acceptables de conformité, sans abroger la décision 2019/021/R. En France, le guide DSAC « Catégorie spécifique » (édition de mars 2026) et le formulaire de demande s'appuient sur la version 2.5.
Le dossier et les délais
Le dossier se dépose sur la plateforme METEOR de la DSAC. Il comprend :
- le formulaire de demande ;
- la documentation de l'opération et un fichier KML ou KMZ de la zone ;
- le MANEX ;
- l'évaluation SORA ;
- le dossier technique de l'appareil.
Pour une première demande en SAIL I ou II, la DSAC recommande un préavis de 3 mois ; au-delà, les délais se fixent au cas par cas. Ils ne courent qu'à réception du dossier complet. L'autorisation fixe sa propre durée de validité.
Le LUC, pour les structures qui multiplient les opérations
Le certificat allégé d'exploitant (LUC) dispense d'autorisation au cas par cas : son titulaire, une personne morale dotée d'un système de gestion de la sécurité, approuve lui-même ses opérations dans les limites de ses privilèges. Il est délivré pour une durée illimitée, sous réserve du respect continu des exigences. Il vise des structures importantes qui enchaînent des opérations variées hors scénario standard.
Les obligations communes aux trois voies
- MANEX à jour et appliqué en vol : voir notre article MANEX drone : rédiger et tenir à jour son manuel d'exploitation.
- Télépilote de 16 ans minimum.
- Zone peuplée : déclaration au préfet au moins 10 jours ouvrables avant le vol, de préférence sur AlphaTango. Voir Drone en ville : règles, déclaration et Cerfa 15476.
- Ministère des Armées : tout vol hors vue se notifie sur AlphaTango : pour un vol débutant entre 8 h le jour J et 8 h le lendemain, entre J-2 à 4 h et J à 4 h. Voir notre guide Notification au ministère des Armées.
- Dérogations sous STS (nuit, hauteur) : demande au préfet 30 jours avant.
- Bilan annuel d'activité chaque janvier sur AlphaTango : voir notre guide Bilan annuel d'activité AlphaTango.
- Assurance : voir Assurance drone : obligatoire ou conseillée ?
Pour comparer les cadres point par point, notamment les préavis du STS-02 et les zones tampons, notre guide Catégorie Spécifique : STS-01, STS-02, PDRA ou SORA, quel cadre choisir ? va plus loin.
Comment choisir
- Votre appareil porte la classe C5 ou C6 et la mission entre dans le scénario : déclarez un STS. C'est le plus rapide.
- La mission entre dans un scénario, mais l'appareil n'a pas la classe : PDRA-S01 ou S02, avec autorisation.
- La mission correspond à un PDRA-G : utilisez le canevas et anticipez trois mois.
- Rien ne correspond : SORA complète, à préparer avec soin.
- Vous enchaînez des opérations variées et avez une structure solide : étudiez le LUC.
Une catégorie, beaucoup de pièces à tenir
La catégorie spécifique multiplie les pièces à tenir en cohérence : déclaration ou autorisation, MANEX, qualifications des télépilotes, classes des appareils, préavis, bilan annuel. Le moindre décalage entre elles se voit au premier contrôle, comme le rappelle notre guide Se préparer à un contrôle DSAC (sans stress).
Dronops relie ces pièces. Le tracé de la zone de mission déduit les démarches et la checklist associée ; la carte affiche les zones, la hauteur maximale et une coupe verticale du lieu de vol. Le MANEX dynamique reste aligné sur l'exploitation réelle, la flotte, l'équipe et les échéances sont suivies au même endroit, et un voyant de conformité signale les écarts.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la catégorie spécifique en drone ?
C'est la catégorie des opérations à risque modéré qui sortent de la catégorie ouverte : vol hors vue, zone peuplée avec un appareil non éligible, hauteur au-delà de 120 m, appareil lourd. Elle impose une déclaration selon un scénario standard européen, une autorisation de la DSAC ou un LUC.
Quelle est la différence entre STS et PDRA ?
Le STS se déclare sur AlphaTango et exige un appareil de classe C5 ou C6. Le PDRA repose sur une analyse de risque prédéfinie par l'EASA, mais nécessite une autorisation de la DSAC. Les PDRA-S01 et S02 reprennent les conditions des STS sans exiger de marquage de classe.
Comment obtenir une autorisation d'exploitation drone ?
Demandez l'ouverture d'un compte METEOR à la DSAC, puis déposez un dossier complet : formulaire, documentation de l'opération, MANEX, analyse SORA ou canevas PDRA, dossier technique. Le délai ne court qu'à réception du dossier complet ; comptez environ 3 mois pour une première demande.
Qu'est-ce que la SORA pour un drone ?
La SORA est la méthode européenne d'évaluation des risques d'une opération en catégorie spécifique. Elle combine risque sol et risque air pour attribuer un niveau SAIL, de I à VI, qui détermine les preuves de sécurité à fournir. Le guide de la DSAC s'appuie sur la version 2.5.
Les scénarios S1, S2 et S3 existent-ils encore ?
Pas pour les exploitants ordinaires : depuis le 1er janvier 2026, seuls les scénarios standards européens STS-01 et STS-02 s'appliquent. Les scénarios nationaux ne subsistent, à titre transitoire, que pour certaines missions civiles au profit de l'État, exclues du champ du règlement européen.
Faut-il une formation pour voler en catégorie spécifique ?
Oui. Pour les STS, le télépilote doit détenir le CATS et une attestation de formation pratique propre au scénario. Sous autorisation, les exigences sont fixées au cas par cas par la SORA et la DSAC ; s'aligner sur les exigences STS reste recommandé pour des opérations proches.