Mis à jour le 1er novembre 2026
Les drones vendus dans l'Union européenne portent une étiquette de classe : C0, C1, C2, C3, C4, C5 ou C6. Ce n'est pas une information commerciale. Elle détermine trois choses :
- où vous pouvez voler ;
- à quelle distance des personnes ;
- quelles compétences vous devez détenir.
La confusion la plus courante consiste à raisonner en « drone de loisir » contre « drone professionnel ». La réglementation européenne raisonne par risque : la classe de l'appareil d'un côté, le type d'opération de l'autre. Un même drone peut servir au loisir ou au travail. Ce qui fixe les règles, c'est la combinaison classe + opération, à laquelle s'ajoutent en France des règles nationales d'espace aérien.
Le tableau des classes C0 à C6
| Classe | Masse max. | Sous-catégorie | Distance aux personnes | Formation télépilote | Identification à distance |
|---|---|---|---|---|---|
| C0 | < 250 g | A1 | Survol possible, jamais de rassemblement | Aucune exigée (A1/A3 conseillée) | Non |
| C1 | < 900 g ou < 80 J | A1 | Pas de survol volontaire | A1/A3 | Oui |
| C2 | < 4 kg | A2 (ou A3) | 30 m, 5 m en basse vitesse | A1/A3 + BAPD (A2) | Oui |
| C3 | < 25 kg | A3 | Loin des personnes, 150 m des zones habitées | A1/A3 | Oui |
| C4 | < 25 kg | A3 | Loin des personnes, 150 m des zones habitées | A1/A3 | Non |
| C5 | < 25 kg | Spécifique (STS-01) | Zone contrôlée au sol | CATS + formation pratique | Oui |
| C6 | < 25 kg | Spécifique (STS-02) | Zone contrôlée, faiblement peuplée | CATS + formation pratique | Oui |
Deux textes à ne pas mélanger
- Le règlement délégué (UE) 2019/945 fixe les exigences techniques des drones et leurs classes C0 à C6. C'est le texte « produit », qui vise d'abord les fabricants. Les classes C5 et C6 y ont été ajoutées par le règlement (UE) 2020/1058.
- Le règlement d'exécution (UE) 2019/947 fixe les catégories d'exploitation : ouverte, spécifique, certifiée. Dans la catégorie ouverte, il définit les sous-catégories A1, A2 et A3. C'est le texte « opération », qui s'adresse à vous.
Les classes C0 à C4 relèvent de la catégorie ouverte. Les classes C5 et C6 sont conçues pour la catégorie spécifique.
Les classes de la catégorie ouverte
C0 : moins de 250 grammes
C'est la classe la plus souple : masse au décollage inférieure à 250 g et vitesse limitée à 19 m/s. Ces drones volent en sous-catégorie A1. Le droit européen admet le survol de personnes non impliquées, à éviter autant que possible, mais jamais celui d'un rassemblement.
Aucune formation n'est exigée par le texte européen, mais la formation A1/A3 en ligne, gratuite, est vivement conseillée. Trois points restent à surveiller :
- l'enregistrement de l'exploitant reste obligatoire si le drone porte une caméra ;
- en France, le vol au-dessus de l'espace public en agglomération reste interdit en loisir ; un professionnel peut le faire depuis le 1er janvier 2026, après déclaration au préfet ;
- le vol de nuit est interdit en catégorie ouverte, sauf dérogation du préfet.
C1 : moins de 900 grammes ou moins de 80 joules
Classe C1 : masse inférieure à 900 g ou énergie d'impact inférieure à 80 J, vitesse limitée à 19 m/s. Ces drones volent aussi en A1, avec une nuance importante : le survol de personnes non impliquées est interdit. S'il se produit de façon imprévue, il faut l'écourter.
Ils doivent embarquer l'identification directe à distance et une fonction de géovigilance. Le télépilote doit détenir l'attestation A1/A3.
C2 : moins de 4 kg, la sous-catégorie A2
Classe C2 : masse inférieure à 4 kg. Elle ouvre l'accès à la sous-catégorie A2, la seule de la catégorie ouverte qui permet de voler relativement près de personnes non impliquées :
- 30 mètres de distance horizontale minimale en vol normal ;
- 5 mètres quand le mode basse vitesse (3 m/s maximum) est activé.
Le survol de personnes non impliquées reste interdit. Il faut le BAPD (certificat A2) en plus de l'attestation A1/A3. Un drone C2 peut aussi voler en A3. Notre article Examen télépilote drone : quel examen passer en 2026 ? détaille l'inscription, le format et la validité de chaque examen.
C3 et C4 : moins de 25 kg, la sous-catégorie A3
Les classes C3 et C4 concernent des drones de moins de 25 kg, exploités en sous-catégorie A3, loin des personnes. La règle structurante est une distance horizontale minimale de 150 mètres des zones résidentielles, commerciales, industrielles et récréatives.
- C3 : dimension caractéristique inférieure à 3 m, avec identification à distance et géovigilance.
- C4 : aucun mode de contrôle automatique en dehors de la stabilisation, dans une logique proche de l'aéromodélisme.
L'attestation A1/A3 suffit pour les deux.
C5 et C6 : les classes de la catégorie spécifique
Les classes C5 et C6 ne relèvent pas de la catégorie ouverte. Elles rendent exploitables les scénarios standards européens :
- STS-01 : vol en vue directe (VLOS) au-dessus d'une zone contrôlée au sol, qui peut se situer en environnement peuplé, avec un drone C5. Un C5 peut être un drone C3 équipé d'un kit accessoire du constructeur.
- STS-02 : vol hors vue (BVLOS) au-dessus d'une zone contrôlée au sol en environnement faiblement peuplé, avec un drone C6.
Ces scénarios exigent un exploitant déclaré et un télépilote titulaire du CATS et d'une attestation de formation pratique. Depuis le 1er janvier 2026, il n'est plus possible de voler selon les anciens scénarios nationaux S1, S2 et S3.
Les modèles C5 et C6 restent rares. Sans eux, il faut une autorisation d'exploitation de la DSAC, souvent montée sur un PDRA : le PDRA-S01 couvre les opérations du STS-01 avec un drone hors classe C5. Notre article Catégorie spécifique : STS, PDRA ou SORA en 2026 compare ces voies, et le guide Catégorie Spécifique : STS-01, STS-02, PDRA ou SORA, quel cadre choisir ? les reprend pas à pas.
Et les drones sans classe ?
Beaucoup de drones achetés avant la généralisation des étiquettes n'en portent aucune. Ils ne sont pas illégaux, mais leur régime est restreint depuis le 1er janvier 2024 :
- moins de 250 g : sous-catégorie A1 ;
- de 250 g à moins de 25 kg : sous-catégorie A3, donc loin des personnes et à 150 m des zones habitées.
Les drones construits à titre privé suivent la même logique.
En France, un drone de 800 g ou plus doit aussi être enregistré sur AlphaTango et émettre un signalement électronique, qu'il ait une classe ou non. La démarche est détaillée dans notre article AlphaTango : inscription, numéro d'exploitant et gestion de compte.
Une classe ne peut pas être ajoutée par l'utilisateur. Seul le constructeur peut l'attribuer, parfois par mise à jour logicielle.
Comment connaître la classe de son drone ?
- Regardez l'étiquette de classe (C0, C1…) apposée sur le drone et sur son emballage.
- Consultez la déclaration UE de conformité fournie par le constructeur.
- Attention aux accessoires : sur certains modèles, la classe dépend de la batterie ou de la configuration utilisée.
Dans une flotte, notez la classe de chaque appareil au moment de l'achat, avec la batterie qui la conditionne. C'est l'information qu'on cherche toujours au mauvais moment, la veille d'une mission ou le jour d'un contrôle.
Ce que la classe ne dit pas
La classe de votre drone est une condition, pas une autorisation. Elle ne dit rien sur :
- les restrictions propres à la zone de vol (aérodromes, sites sensibles, zones militaires) ;
- la hauteur maximale à cet endroit, qui peut être très inférieure aux 120 mètres ;
- les interdictions temporaires du jour (NOTAM) ;
- l'interdiction de prise de vue au-dessus des sites ZICAD ;
- les démarches à faire si le vol sort de la catégorie ouverte.
Pour lire les zones avant de décoller, voyez notre article Carte drone : zones interdites, de Géoportail à cartes.gouv.fr et le guide Espace aérien : zones drone.
Faire parler la classe, l'opération et le terrain
Le plus pénible est la lecture croisée. Il faut relier la classe de l'appareil, la sous-catégorie visée, la qualification du télépilote et la réalité du terrain. Fait à la main, ce croisement produit soit de la sur-prudence, soit des angles morts.
Dronops prend ce raisonnement en charge. Vous décrivez l'appareil et l'opération, et la plateforme en déduit les autorisations et déclarations applicables. Elle fournit la checklist de conformité et, si elle est requise, la démarche auprès de la DGAC. Les échéances des qualifications et de la flotte sont suivies au même endroit, et un voyant de conformité indique si l'ensemble reste cohérent.
Questions fréquentes
Quelle différence entre un drone C0 et un drone C1 ?
Le C0 pèse moins de 250 g et peut survoler des personnes non impliquées en A1, jamais un rassemblement. Le C1 va jusqu'à 900 g ou 80 J. Il ne doit pas survoler volontairement de personnes non impliquées, exige l'attestation A1/A3 et embarque l'identification à distance.
Faut-il une formation pour un drone C0 ?
Le droit européen n'en impose pas. La formation A1/A3 en ligne, gratuite, est fortement recommandée. L'enregistrement de l'exploitant est obligatoire si le drone a une caméra.
Que faire avec un drone sans classe ?
Sous 250 g, il vole en A1. De 250 g à 25 kg, il vole en A3, loin des personnes et à 150 m des zones habitées. À partir de 800 g, il faut aussi l'enregistrer et l'équiper d'un signalement électronique.
Comment savoir la classe de mon drone ?
Cherchez l'étiquette de classe sur l'appareil ou l'emballage, ou consultez la déclaration UE de conformité du constructeur. La classe peut dépendre de la batterie utilisée.
Quels drones doivent avoir l'identification à distance ?
Les classes C1, C2, C3, C5 et C6 embarquent l'identification directe à distance. En France, les drones de 800 g ou plus doivent aussi émettre un signalement électronique.
Peut-on voler en ville avec un drone C0 ?
En loisir, pas au-dessus de l'espace public en agglomération, quelle que soit la classe. Un professionnel peut le faire en catégorie ouverte depuis le 1er janvier 2026, après déclaration au préfet. Le vol dans un jardin privé reste possible en respectant les règles de la sous-catégorie.